HOAX ou NON : MAM tentée par Marrakech ?
Mam, notre ministre des Affaires étrangères écartée du gouvernement pour ne pas avoir suffisamment su mettre de distance entre ses affaires personnelles et professionnelles en Tunisie, fait beaucoup parler d'elle.
Récemment, je me trouvais de façon tout a fait fortuite dans l'un de ces lieux peu recommandables où l'on sert à volonté des boissons alcoolisées accompagnées de quelques chips salées, cacahuètes grillées ou cochonnailles aillées. Autrement dit, j'étais attablé dans un bistrot. Là, je surprends à la table voisine une conversation entre deux individus à propos d'un projet hôtelier de Michèle Alliot-Marie au Maroc. Malgré le bruit assourdissant je tends discrètement l'oreille pour en savoir un peu plus. "Tu sais ce qu'est devenu Mam ?" dit le premier. "Non" répond le second. "Il paraît qu'elle ouvre un hôtel à Marrakech !" Surpris par cette révélation, je me rapproche sensiblement de mes deux voisins. "Oui, conclut le premier en s'esclaffant bruyamment, il s'agit de la Mam-ounia !"… Oh Mam-ma mia.
Mais que signifie exactement MAMounia ?
Les révélations en cascade du Canard Enchainé sur les relations entre Michèle Alliot-Marie (MAM) et le clan déchu de Ben Ali n’étonnent pas au Maroc. Ici, la pratique est érigée en politique d’Etat. On l’appelle la «diplomatie Mamounia», du nom du célèbre palace de Marrakech, propriété de l’Etat marocain, qui accueille depuis toujours les plus grandes célébrités de la planète.
Depuis qu’Yves Saint Laurent et Pierre Bergé avaient lancé la mode des riyads, ces riches demeures nichées au cœur des médinas marocaines, c’est une véritable déferlante gauloise qu’a connue le Maroc.
Plus de 5.000 ressortissants français —la plupart retraités— y ont élu domicile, à la suite de la diffusion en 1999 sur M6 d’une émission de la série Capital vantant les charmes de Marrakech, Tanger, Essaouira, Fès ou Agadir.
Des hivers au soleil pour la «tribu Maroc»
Mais si le Maroc est devenu une destination privilégiée des Français, elle l’est surtout pour les «amis du royaume». Certains y ont des liens généalogiques comme Elisabeth Guigou, Dominique De Villepin, Dominique Strauss-Kahn, Rachida Dati ou Eric Besson. Mais la «tribu Maroc» s’étend bien au-delà de ces attaches. Elle est pour ainsi dire tentaculaire. De Bernard-Henri Lévy à Thierry de Beaucé, nombre de dirigeants politiques, chefs d’entreprise, intellectuels médiatiques et célébrités du showbiz ont à Marrakech ou ailleurs une résidence secondaire.
Le «plus beau pays du monde», comme le veut la publicité de l’Office marocain du tourisme, devient ainsi un lieu de rendez-vous culte pour la classe politique française, où la délocalisation d'un Conseil des ministres serait presque envisageable durant les fêtes de fin d’année, ironisait un élu.
En décembre dernier, les vacanciers anonymes n’étaient en effet pas les seuls à céder aux sirènes de la douceur marocaine de l'hiver: Ségolène Royal et son compagnon André Hadjez, par exemple, ont été aperçus à Ouarzazate. Au même moment, d’autres politiques profitaient eux aussi de l’hospitalité légendaire du royaume chérifien: Isabelle et Patrick Balkany, proches de Nicolas Sarkozy, DSK et Anne Sinclair, Hervé Morin (et 18 membres de sa famille à l’hôtel Es-Saâdi de Marrakech), Brice Hortefeux, Jean-Louis Borloo... La liste est longue.
Sources : 1- http://www.quotidiendutourisme.com/site/humeur-michele-alliot-marie-tentee-par-marrakech--58137.html 2- http://www.slateafrique.com/543/mam-politique-france-maroc-invitation-scandale












